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Les ouvriers plus fréquemment victimes d’accidents du travail

Données 29 novembre 2016

Les ouvriers représentent 63 % des victimes d’accidents du travail, les cadres supérieurs, 2 %. Le monde du travail des uns n’a rien à voir avec celui des autres.

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62,6 % des victimes d’accidents du travail [1] sont des ouvriers, alors qu’ils ne représentent que 23 % des salariés, selon les données 2012 du ministère du Travail [2]. Les employés représentent un quart des victimes, les professions intermédiaires, un dixième et les cadres supérieurs 2,2 %. Les ouvriers sont aussi les plus touchés si l’on considère la fréquence d’accidents rapporté au million d’heures travaillées : celui-ci est 17 fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres (respectivement 42,9 accidents du travail pour un million d’heures travaillées contre 2,5). Les deux tiers (66 %) des accidents mortels concernent des ouvriers, alors que 10 % impliquent des cadres.

Les catégories socioprofessionnelles travaillent dans des conditions qui n’ont rien à voir entre elles, et elles s’exposent à une pénibilité physique et des risques très inégaux [3], dont l’accident est le stade ultime. Les ouvriers, exécutants manuels (souvent des hommes jeunes) ont des séquelles de ces conditions de travail bien plus graves que les autres catégories socioprofessionnelles. L’usure du corps s’en ressent : via la fatigue physique, mais aussi par des limitations fonctionnelles allant jusqu’au handicap permanent. Pour ces métiers pénibles, le travail a un impact bien plus grand que pour les autres sur les conditions de vie.

Accidents du travail par catégorie socioprofessionnelle
Répartition des accidents (en %)
Répartition des accidents mortels (en %)
Taux de fréquence par million d'heures travaillées
Répartition dans la population active (en %)
Cadres2,29,72,518,0
Professions intermédiaires10,011,311,827,0
Employés25,212,917,931,0
Ouvriers62,666,042,923,0
Ensemble100,0100,021,8100,0
Lecture : en 2012, 62,6 % victimes d'accident du travail sont des ouvriers.
Source : Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés, Insee, calculs ministère du Travail - Données 2012 - © Observatoire des inégalités

Baisse ou hausse des accidents ?

Selon le ministère du Travail, le nombre d’accidents du travail, reconnus par l’administration, a baissé de près de 81 000 entre 2005 et 2013 (de 699 000 à 618 000). Ce phénomène résulte à la fois du développement des politiques de prévention, de meilleurs équipements de protection, de réglementations plus strictes et du déclin de l’industrie, secteur où les accidents sont plus répandus. Entre le milieu des années 1980 et le début des années 2010, le nombre d’accidents ayant entraîné un arrêt maladie est passé de 5,4 à 3,6 pour 100 salariés, selon l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes). Ceci dit, les enquêtes Conditions de travail du ministère du Travail réalisées à partir des déclarations des salariés indiquent, à l’inverse, une hausse des accidents au cours de la même période : 6,7 % des salariés déclaraient avoir été victimes d’un accident de travail dans les douze derniers mois, en 2013, contre 5,7 % en 2005. Comment expliquer ce décalage ? L’augmentation du nombre d’accidents déclarés dans les enquêtes par les salariés (différent par rapport aux déclarations administratives) peut être lié à une sensibilité croissante : on déclare des accidents qu’on ne déclarait pas avant. Il est aussi possible que la souffrance au travail s’accroisse sans pour autant que cela se traduise par des déclarations administratives, par peur des conséquences que cela peut avoir pour sa carrière. Certains arrêts maladie sont provoqués par le travail sans être comptabilisés comme tels. Dans les enquêtes du ministère menées auprès des salariés, sans conséquences professionnelles pour eux, on retrouve les résultats d’une souffrance bel et bien liée au travail.

Photo / © Alexey Klementiev - Fotolia.com


[1L’étude du ministère du Travail prend en compte les accidents reconnus par le fait du travail ou à l’occasion du travail provoquant une lésion corporelle ou psychique et ayant entraîné un arrêt de travail d’au moins un jour.

[2« Les accidents du travail et les accidents de trajet », ministère du Travail, Dares résultats n° 039, juillet 2016.


Date de première rédaction le 29 novembre 2016.
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